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Le
caractère de Raimu |
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"J'avais
dix-sept ans et demi. J'étais follement intimidée car je l'admirais
déjà beaucoup. Il me rendit tout de suite la tâche facile
par une très grande gentillesse à mon égard. On le disait
emporté? Avec moi il fut d'une grande patience. Pour mes débuts
dans un grand rôle, il m'a aidée comme jamais je n'aurais espéré
l'être..."(Michèle MORGAN) |
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Michèle
Morgan et Raimu dans "Gribouille". |
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"Emmerdeur,
il l'est de telle sorte que ce sont les gens qu'il n'aime pas qui le subissent.
C'est sa manière de se débarrasser d'eux. Il n' y réussit
d'ailleurs pas toujours malgré son application à être insupportable...
Ses défauts sont surtout enfantins, véniels, et assez spectaculaires
comme tous les caprices des enfants. Il en joue aussi, car sa légende
a déformé son vrai visage." (Carlo RIM, scénariste) |
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"Oui, la mauvaise humeur de
Raimu est une fable, il adorait le travail. Le travail mal fait le rendait malade.
Sa mauvaise humeur venait toujours d'une constatation de travail mal fait chez
ses camarades..."(Jean COCTEAU) |
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Jean
Cocteau |
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"Comment ai-je vu Raimu?
Comme un homme violent, mais qui ne se fâchait pas quand on lui parlait
gentiment. Il n'avait ni méchanceté foncière ni rancune
mais un certain égocentrisme que l'on a pu appeler égoïsme.
Le premier jour des prises de
vue de "L'Homme au Chapeau Rond", il crut bon de justifier sa réputation
et fut insupportable pour une histoire absurde de décor inachevé.
(Il était toujours dans son travail d'une exactitude remarquable; je
ne l'ai jamais vu arriver une minute en retard sur le plateau). Il choisit
tous les prétextes pour se mettre en colère et voulut même
changer le dialogue de Charles Spaak, prétendant que ce texte n'était
"pas du français mais de l'Académie belge..." Je pris
mon chapeau et quittai le studio, ce qui lui fit dire avec surprise: "Qu'est-ce
que je lui ai fait à Billon, il n'a pas l'air content?" L'incident
était clos, il se montra ensuite parfait jusqu'à la fin du film."
(Pierre BILLON, réalisateur)
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| "La
sûreté de son instinct et l'inattaquable bon sens théâtral
de Raimu expliquent en grande partie ses fréquents et légendaires
accès de colère pendant le travail. Dans son métier - peut-être
aussi hors de son métier, je l'ai trop peu connu pour l'affirmer - il
avait toujours raison. Et comme c'est la profession par excellence où
les erreurs par défaut de bons sens et de simplicité de jugement
abondent, les occasions ne manquaient pas à Raimu, tant au théâtre
qu'au studio, de se heurter à l'absurde. La défense raisonnée
d'un point de vue, l'argumentation n'étant pas son fort, d'une part il
s'exaspérait vraiment, d'autre part il trouvait dans la colère
le seul moyen de faire triompher une conviction qu'il savait juste. Dans ses
débordements, il était, il est vrai, capable de la pire mauvaise
foi, mais presque toujours sa position de départ était la bonne."
(Pierre FRESNAY, comédien) |
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Le
"père", Raimu embrasse son "fils", Pierre Fresnay
dans "Marius" |
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